Les vies de la petite communauté qui s'expose ici comme une fresque avec en contrechamp la force narrative de cette voix off qui nous guide dansels pages des personnages va imploser littéralement lorsque au détour d'un pari insignifiant, une mère (alias kate Winslet ) et un père (alias Patrick Wilson ) mariés de surcroît vont s'embrasser devant les autres représentantes de cette bourgeoisie coincée de n'importe quelle ville moyenne... C'est le début de la tourmente qui s'annonce dans la petite ville perdue qui pourrait tellement elle semblereproductible se trouver presque partout aux Etats-Unis.
La morale ambiante et la peu de l'autre règne lorsque un soi disant pervers est relaché et vit dans le quartier; c'est la quiétude des vies familiales qui s'en trouve perturbée, une sorte de milice est improvisée, le soit disant persécuté devient le persécuté que cela soit devant sa maison; la scène d'affolement généralisée à la piscine municipale marquant l'apothéose de la solitude de cette homme qui n'est qu'une carapace et qui n'a pas oupeu de raisons de vivre à part sa mère tant aimée...
La vie de Sarah pierce (Kate winslet) n'est pas des plus heureuse, certes le lit conjugal connaît certains dérapages notamment une petite scène au string dont on se rappellera la beauté du geste et la complexité du camouflage... son mari est un peu la face cachée de sa vie perdue où gâchée, elle est la mère de la petiteLucy mais elle ne la comprend pas refusant de laisser son instinct maternel prendre le pas... De son côté Brad Adamson (Patrick Wilson ) n'arrive pas à se concentrer pour son examen d'entrée et sa fascination devant des squatters marquent son côté insipide; il ne travaille pas, s'occupe de son fils qui devient rapidement un ami deLucy et fais donc plus amples connaissances avec Sarah Pierce... Il n'a pas confiance en plus, sa femme Kathy Adamson (la sublime Jennifer Connelly) est là qui tient la maison et le laisse petit à petit s'envoler du nid conjugal,...
Là, devant la confiance portée par Sarah Pierce, il tombe dans cette vie de débords auquel il n'avait même pas songé, d'autant plus que sa femme est superbe, que Sarah n'est pas son type, etc donc une histoire de basculement que rien ne préfigurait sauf les aléas de l'existence, d'une journée pluvieuse et d'un déclic, d'un sentiment d'être reconnu par l'autre et de n'être plus seul au monde.
Histoire de vies banales qui basculent dans des directions non voulues initialement, sentiment de désoeuvrement face à sa vie actuelle et absence de visibilité et de projection, de lumière dans ces vies recentrées uniquement sur le présent, sentiment de restriction de l'espace de la ville à celui d'une peau de chagrin qui ne permet plusaucun mouvement autonome, regard de l'autre et considération extérieure et absence de perspective tout simplement, c'est dans cet environnement que se déroule cette tranche de vie qui reste une tranche, la vie et l'ordre des choses reprenant indubitablement leurs droits, familles, ne vousinquiétez pas, la quiétude est de retour, ce nnullétait que l'espace d'un rêve, d'un cauchemar, on ne vous y reprendra plus et la morale restera sauve sauf dans vos placards intérieurs ou cette flamme brûlera et vous dévorera peut être....
Plus généralement, ce sont les rapports de couples qui sont intéressants à observer la mère et son fils (le pervers) puis Kate et Brad dans l'attente d'une reconnaissance, d'un sentiment d'existence propre, Le pervers et son homologue victime et bourreau, destin croisé puis lucy et sa mère dans l'attente l'une de l'autre mais n'arrivant pas à se trouver ou ne voulant pas pour la mère, ... il sont tous à la recherche de réponses, d'attentes et c'est dans leurs jeux que se trouvent les clés permettant de décrypter les rapports entre les différents protagonistes de cette bourgeoisie de quartier....
A découvrir sans appréhension, au final je ne m'attendais vraiment pas cela...
Le site officiel de Little Children
par Herwann PERRIN
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Cinéma
Edward Norton alias Eisenheimest l'illusionniste est de retour dans un petit film aux couleurs et au regard de cendre, un petit ton sépia qui vous permet de vous engouffrer dans cette belle histoire de magicien qui se déroule à Vienne à la fin du XIXème siècle. J'aime bien les histoires où l'on peut essayer de rêver et de croire ou les frontières s'estompent et où l'on veut croire à l'impossible, c'est alors qu'il arrive etqu'envers et contre tout, le destin brisé des êtres peut à nouveaux être réconcilié pour notre plus grand plaisir.
Je suis bon public cette fois-ci, j'ai envie de goûter à cet instant et d'essayer de me rappeler quand petit on m'a fait disparaître, un magicien était là lui aussi et l'espace de quelques heures j'étais un autre, j'avançais dans un monde qui n'est plus, qui n'est pas et c'était bon, enfin un moment, après la sensation de rester dans cet ailleurs impalpable où l'on est seul n'est pas très agréable...
Alors certains diront que le film est trop léger, trop simple, pas assez profond.... certes certes je ne peux nier l'évidence qui s'impose à mes yeux mais parfois il faut oublier les cadres et juste goûter un petit moment de tranquillité et de quiétude... Et puis, qu'est-ce qu'elle est belle Jessica Biel alias Sophie... un talisman peut sauver le monde...
Un peu à la Usual Suspect aussi, on le sent, tout s'emboîte de manière radicale et agencée et le saut du train dévoile ce qui est réellement, les apparences sont trompeuses "Nothing is what it seems" heureusement d'ailleurs.... on aurait été déçu cette fois-ci... Les spectres apparaissent et disparaissent, la magie noire opère et fais revenir les morts parmi les vivants pour dénoncer ce qu'ils ont subis, ceux qui le sont tués... les morts ne pardonnent pas... et la police essaye de veiller...
Le site de The Illusionist
par Herwann PERRIN
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Cinéma
Il y a des films qui se résument à leur bande annonce, pour le meilleur et pour le pire.
En effet, condensé pouvant être représentatif du film et mettant en exergue les moments forts celle-ci doit donner envie d'aller se délasser ou s'interroger ... Ici, la bande annonce met en scène une Karin Viard tout à fait exquise avec un Jacques Weber piquant et un Eric Caravaca insouciant.
On a envie d'y aller... mais lorsque la fin du film est annoncée, le sentiment est différent, certes quelques moments drôles ou Karin Viard est toujours aussi exquise et où elle se livre mais globalement cette comédie est loin de relever les challenges qui émanent du titre qui est très peu en rapport avec le propos du film qui d'ailleurs reste un peu obscur et décousu... Est-ce découvrir le talent, se découvrir, écrire, essayer de réussir à Paris,... enfin un peu de tout ça mais sans réel liant ni consistance, on ne peut pas trop y croire et puis il y a quand même pas mal de moments de latence, un scénario qui somme toute bat des ailes de bout en bout...
Bon vous l'aurez compris je n'ai que moyennement apprécié, cela se laisse voir sans plus... Mon conseil du jour: ne nous laissons pas toujours berner par les bandes annonces alléchantes...
par Herwann PERRIN
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Cinéma
C'est agréable la découverte et le talent, se promener au hasard des rues et se retrouver dans l'impasse, rentrer, montez un premier étage et voir, se souvenir que ce n'est qu'en 1965 par le Voting Rights Act du 6 août 1965 que les noirs ont eu le droit de vote aux États-Unis sous le président Johnson. 1965.... à peine plus de 40 ans.... à l'échelle de l'homme c'est quand même assez ridicule alors cela mérite de revenir un peu sur cet épisode qui a commencé en 1876 avec les loisJim Crow : " Soon after the failure of Reconstruction, southern states found other means besides those enumerated in the Fifteenth Amendment to deny the vote to blacks, through violence, intimidation, via Jim Crow laws that included literacy tests, poll taxes, and also grandfather clauses that permitted otherwise disqualified voters whose grandfathers voted (thus allowing some white illiterates to vote), all with the aim and effect of re-imposing racially motivated restrictions on the voting process that prevented blacks from having political and economic power".
Le début du retournement se situe en 1955 avec l'affaire Rosa Parks qui "refusa de céder sa place à un passager blanc dans un bus. Arrêtée par la police, elle se vit infliger une amende de 10 dollars (plus 4 dollars de frais de justice) le 5 décembre; elle fit appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu de 26 ans, Martin Luther King, avec le concours de Ralph Abernathy, lança alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la Cour suprême cassa les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant anticonstitutionnelles".
Suivra le discours de Martin Luther King du 28 août 1963 "I have a dream" : "
"I say to you today, my friends, so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.
I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: “We hold these truths to be self-evident: that all men are created equal.”
I have a dream that one day on the red hills of Georgia the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at a table of brotherhood.
I have a dream that one day even the state of Mississippi, a desert state, sweltering with the heat of injustice and oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.
I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character. I have a dream today !!
I have a dream that one day, right here in Alabama, little black boys and black girls, will be able to join hands with little white boys and white girls, as sisters and brothers. This is our hope. This is the faith that I go back to the South with".
A cet égard, on écoutera toujours avec un grand plaisir le titre MLK de l'album The Unforgettable Fire de U2, moment particulièrement beau et sensible...
Aussi pour revenir à ce cher Bruce Davidson, la photographie que je préfère dans l'exposition "Time of change" est celle ci, prise en 1962, aboutissement en quelque sorte de cette lutte pour l'égalité des droits. Simple et si pleine et chargée de sens que cette égalité de situation entre deux personnes de chair et de sang...
Ensuite c'est vrai que les autres photographies montrent ou mettent en exergue ce sentiment d'exclusion et de ségrégation de communauté et d'une vie qui se construit; entre 1961 et 1965, parcours d'un homme qui a accompagné ce mouvement de lutte pour l'égalité des droits civiques aux États-Unis,
Retrouvez Time of change en ligne, cela vous permettra d'y aller autrement si vous n'êtes pas à Paris
Ensuite on part pour la 100ème rue, le Harlem espagnol de New York entre 1966 et 1968, quartier ou la pauvreté est suintante de tous côtés; sur les murs défraîchis, sur les lits défaits et dans les regards et la lumière, les escaliers de fer et les enfants. l'utilisation du Noir et blanc renforçant d'autant ce sentiment depauvreté et de laissez pour compte mais on voit également transparaître dans ces visages le calme et si pas une vie heureuse, un scintillement dans le regard, dans les attitudes...
Étonnamment, on a pas le sentiment de tristesse qui transparaît, c'est plutôt même le contraire qui se faufile dans les photographies dont une des plus emblématiques est celle de cette enfant à al borne d'eau dans un décor sordide, la vie est là et le sourire et les petits riens permettent de voir la vie différemment... Une autre époque pas si lointaine finalement et qui c'est certain existe encore autrement ailleurs ou dans d'autres quartiers...plus proche de nous où le ressentiment est là et que nous ne voulons pas toujours comprendre, appréhender... Allez faire un tour là-bas cela vaut franchement le détour, cela fais partie de cette mémoire collective que nous construisons, de ces luttes pour les droits et pour une vie meilleure pour tout un chacun qui doit être au coeur des politiques...
Retrouvez 100ème rue en ligne également...
Lisez l'entretien réalisé avec Bruce Davidson par Hélène Simon du journal le Monde le 17 janvier dernier, bonne lecture....
Lunettes Rouges y était également, pour le vernissage sans doute... et surtout pour le plaisir des yeux, de la découverte et du partage des sensations...
Fondation Henri Cartier-Bresson
2, Impasse Lebouis - 75014 Paris
Tél : 01 56 80 27 00
par Herwann PERRIN
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Photographie
Eh bien voilà, cela devait bien arriver une fois ou l'autre j'ai bien été déçu par cet opus...
Eh oui et malheureusement ce n'est pas la première fois avec Mozart, une version ultra moderne de la flûte enchantée m'avait également perdue... Enfin, ici, c'est plutôt un ensemble. La mise en scène moderne (sur le modèle du cinéaste autrichien Michael Haneke), on est en haut d'une tour qui pourrait se situer au milieu de la défense par exemple, c'est impressionnant mais cela ne rend pas pour Don Giovanni, qui irait imaginer une représentation de cette nature là. On reste dès lors encloisonné dans un univers de glace et de vitre où tous sont regroupés avec un malheureux balcon pour tout jeu de séduction... qui fait face à des tables en aluminium "chromé" sortant tout droit d'un petit fast-food bar... on est très loin de ce que je pouvais m'imaginer pour Don Giovanni.
Bon, si ce n'était que ça, ensuite les solistes ont certes été apprécié par l'ensemble de la salle, mais pas par moi, je dois dire que certains passages sont remarquables, je ne saurai pas vous les citer in extenso mais la beauté et la complétude émerveille cependant l'ensemble perd de son panache. j'avais constamment l'idée, sûrement saugrenue, qu'il ne s'agissait pas du texte original mais d'une adaptation par moments et que l'orchestre s'arrêtait de pleins feux au milieu d'un moment pour jouer quelques notes et enfin reprendre sur sa lancée le véritable opéra... Sentiment d'incomplétude mais également de hachage du jeu sans réelle continuité...
En plus, ils sont changé la fin... où sont les flammes de l'enfer qui lèche Don Giovanni....
Voilà après l'histoire est bien celle de Don Giovanni que l'on peut également retrouver sur Wikipedia pour parfaire ses connaissances et pour le reste, espérons que vous trouviez des avis plus positif ou peut être est-ce que j'étais habité par des sentiments à mille lieux de là et que je me suis laissé divaguer et happer mais en tout cas voilà...
Sinon, pour en savoir un peu plus sur cette belle oeuvre (Les Noces de Figaro en 1786, Don Giovanni en 1787, Così fan tutte en 1790 et la Flûte enchantée en 1791) précédent de peu la Révolution française, le petit livret de l'Opéra pourra vous donner quelques clés complémentaires...
par Herwann PERRIN
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Théâtre & Opéra & Spectacles
C'est plusieurs sens que prend ce livre au titre a priori sans ambages mais au final est-ce qu'il est question de passage dans un autre monde fait de miniatures et en décors, d'une certaine manière de mettre en perspective, un nouveau monde trouvé par un explorateur des lettres ou encore je ne sais quoi... en tout cas, l'univers dépeint parJean-Loup Trassard mérite que l'on s'y arrête quelques instants tant il est d'une finesse et d'une poésie toute particulière. De plus, je me suis retrouvé projeté dans un autre univers, celui de ce très cherJorge Luis Borges qui nous raconterait par delà la tombe l'histoire d'Hippolyte Deume , dont au final je n'arrive pas à savoir s'il est de fictions ou au réel. Étrange sentiment que de se laisser guider nonchalamment à travers ces pages à la recherche de la demeure ou gît notre homme, tout en apprenant au détours des pages, des bancs un peu de sa vie qui a été; on s'attache à lui et on aimerait presque à le rencontre mais c'est trop tard, il n'est plus...
"Poussant la grille rouillée, plus par étonnement cette fois qu’avec une idée de recherche, nous sommes entrés dans cet enclos oublié, aux tombes anciennes, modestes, malmenées par le temps. Croix penchées, entourages déchaussés, couronnes de perles qui s’égrènent, quelques tombes ornées d’un maigre genévrier certes toujours vert mais n’appréciant guère la terre acide de la région, l’une d’elles même surmontée par deux cyprès peu élevés. Ceux-là s’étant rejoints servaient de support à un rosier de petites roses pâles très odorantes qui s’accrochait partout et signait le charme ancien du lieu. Il restait des places libres !
Enfin, à parcourir l’herbe tout de même entretenue où les tombes se trouvaient plus ou moins rangées, encore une tombe que veillent des buis, une stèle sans croix, plutôt un grand morceau d’ardoise épais, conservé brut et portant… ah ! portant l’inscription : “ Ici reposeHippolyte Deume ” et sur une troisième ligne “ Il aimait tant la vie ”. Nous devons le dire parce que cette réaction corporelle fut surprenante : nous avons eu envie de nous agenouiller, tant respect pour le personnage que remerciement aux forces inconnues qui dans la plus parfaite discrétion faisaient un tel cadeau à notre fidélité. Non seulement nous avions trouvé la tombe d’Hippolyte Deume, mais qui serait allé l’enterrer là, encore que la distance à sa maison n’excédât guère cinq kilomètres, s’il n’avait choisi lui-même ce lieu champêtre où terminer sa part d’éternité, et sans ombre d’un doute la stèle ? Là se dévoilait, sous forme de terre, de pierre, et de buis aussi, l’une de ses pensées, sinon des plus étonnantes du moins parmi les plus graves".
Et puis ces petites phrases juxtaposé aux côtés d'une photo de ce cher Hippolyte Deume, monde parmi les mondes vous disais-je mais oui effectivement, on est à la limite de la réalité; écoutez ce passage et laissez vous tenter par cette aventure poétique ....
"Pourquoi les hautes dimensions attirent-elles, ne sommes nous pas à la mesure de notre planète, pas habitués sur elle ? Du plus loin, nous tentions d'évaluer la distance, le temps pour gravir. Il semblait improbable que nos courtes enjambées pussent conduire au but. A travers la chaleur où l'espace ondulait j'essayais toujours de nous imaginer là où nous n'étions pas encore"
Un univers à découvrir
par Herwann PERRIN
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Livres
Il est de ces auteurs qui artistes eux-mêmes vont au delà des apparences et au delà de la critique elle même, qui écrivent des moments d'Arts tout simplement; c'est un de ces moments unique que nous livre ici Antonin Artaud avec tout la simplicité de sa langue qui se délie et nous emmènes dans les contrées sauvages et réelles de l'artiste à la découverte d'un de ses semblables. Nul doute que la préfaced'Evelyne Grossman soit intéressante mais ce sont les propos d'Antonin Artaud qui sont là et qui vous porte vers l'univers de Van Gogh. Des descriptions et des moments où tout vascille et où le génie apparaît, hommage à un peintre de l'absolu par un autre homme venu d'un autre monde, de l'ailleurs tout à la fois poétique et en finesse, il y a des livres qui ne peuvent que vous marquer et auquel vous reviendrez pour des brins de phrases.
C'est plus qu'une Invitation à la lecture de ce bel essai....
"Je ne décrirai donc pas un tableau de Van Gogh, mais je dirai que Van Gogh est peintre parce qu'il a recollecté la nature, qu'il l'a comme retranspirée et fait comme suer, qu'il a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs de couleurs, le séculaireconcassement d'éléments, l'épouvantable pression élémentaire d'apostrophes, de stries, de virgules, de barres dont on ne peut plus croire après que les aspects naturels ne soient faits (...) Il n'y a pas defantômes dans les tableaux de van Gogh , pas de visions, pas d'hallucinations. C'est de la vérité torride d'un soleil de deux heures de l'après-midi. Un lent cauchemargénésique petit à petit élucidé. sans cauchemar et sans effet. mais la souffrance du pré-natal y est. "
Plus loin, on lira également ce passage magnifique et si réel
"Ces corbeaux peints deux jours avant sa mort ne lui ont, pas plus que ses autres toiles, ouvert la porte d’une certaine gloire posthume, mais ils ouvrent à la peinture peinte, ou plutôt à la nature non peinte, la porte occulte d’un au-delà possible, d’une réalité permanente possible, à travers la porte par VanGogh ouverte d’un énigmatique et sinistre au-delà. Il n’est pas ordinaire de voir un homme, avec, dans le ventre, le coup de fusil qui le tua, fourrer sur une toile des corbeaux noirs avec au-dessous une espèce de plaine livide peut-être, vide en tout cas, où la couleur lie-de-vin de la terre s’affronte éperdument avec le jaune sale des blés. Mais nul autre peintre que VanGogh n’aura su comme lui trouver, pour peindre ses corbeaux, ce noir de truffes, ce noir "de gueuleton riche" et en même temps comme excrémentiel des ailes des corbeaux surpris par la lueur descendante du soir."
En ce moment, il a l'exposition Antonin Artaud à la BNF; elle est somptueuse tout simplement
par Herwann PERRIN
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Livres
Juste un petit clin d'oeil photographique à cette revue en ligne entièrement consacré à la photo et surtout aux photographes avec 4 numéros d'une beauté diaphane qui vous permet de découvrir l'univers sans failles de photographes de part le Monde dans des ambiances bien agréable, à livre ouvert vous feuilletez et vous perdez dans ces mondes de lumières.
En voici le sommaire et comme vous pouvez le voir, cela se présente tout simplement comme un livre papier mais en ligne d'ailleurs dans ce domaine, jetez également un oeil si vous êtes intéressé aux créations de DQ Books qui vous permettent également de feuilletez les pages d'une livre comme si vous l'aviez en main propres, un réel plaisir; j'aime bien le dernierBeneath a steel sky
Piochez par ici et par là parmi les photographes présentées et trouvez votre bonheur; je suis particulièrement sensible dans le dernier numéro aux photos présentées par HervéJézéquiel et son Materia Prima ainsi qu'un retour de Laurent Guéneau sur la tempête qui a frappé les forêts en 1999 mais également les dessins tout de noir et blanc de Chris dent avec Dentropolis et l'univers décalé présenté par Yves Arcand avec Side effects. C'est bien agréable aussi par cette musique douce qui vous accompagne dans cet univers sans vous enfermer ni vous perdre.
Pour les autres, je vous laisse découvrir cela vaut la peine de s'y arrêter et je vous invite à voir le site de Laurent Neyssensans par lequel j'ai pu découvrir cette belle initiative photographique
Le site de Purpose
par Herwann PERRIN
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Photographie
Voici un petit film que je voulais voir après avoir vu le court métrage dont il est originaire au Festival des courts métrages présenté il y deux ans je crois aux ButtesChaumont.
On est dans ces moments d'apesanteur oùsi l'on sait qu'il ne s'agit pas d'un film de première volée, il y a des moments qui s'incrustent comme sur une bande son, indélébile et instantanés. Humour potache pour certains, conte poétique et romantique pour d'autres, on oscille d'un univers à l'autre en naviguant avec Sean Ellis. Ben Willis(Sean Biggerstaff), étudiant aux Beaux-arts est devenu insomniaque, il ne dors carrément plus depuis qu'il a rompu avec Suzy.
Il veut alors mettre à profit ce temps libre, ces huit heures par jour contre un peu d'argent, il trouve un supermarché avec comme figure emblématique de la connerie intrinsèqueJenkins qui sous ces airs de patrons est tout à délicieusement à prendre au second degré tellement il est caricatural des valeurs d'équipe, d'argent, de manager... Chacun dans cet univers de nuit s'essaye à rompre la monotonie du temps qui ne passe qu'au ralenti, les uns feront des concours de vitesse, les autres duKung Fu quand l'horloge et le tic et le tac sont la hantise première de Sharon ( Emilia Fox) vers laquelle il se sent progressivement attiré.
Quand à notre ami ben, entre fiction et réalités le manque de sommeil et l'abstraction aidant, il arrive à suspendre le temps et à se promener dans cet univers qui est le sien, dont la maîtrise totale lui est acquise; retour sur son enfance, son attirance pour les femmes qu'il aime dessiner sentir et dans ce temps en pose c'est cette perfection des traits qu'il essaye de capter à travers ces dessins d'une réalité fascinante.
Franchement, c'est vrai qu'il y a quelques instants de latence mais dans l'ensemble un petit film qui se laisse voir tranquillement
Regarder le court métrage, il dure quelques 17 minutes et permet d'avoir une belle vue d'ensemble de ce qui vous sera projetté
Le site de Cash Back
par Herwann PERRIN
publié dans :
Cinéma
C'est bien agréable avant d'aller voir une toile ou ensuite aussi mais là votre regard est perturbé, d'entrer dans le Café Mk2 structure design de rouge vêtu et de se diriger nonchalamment entre les personnes qui sirotent tranquillement un petite verre, qui déguste une douceur dans une ambiance feutrée lorsque le vent bat le ciel et d'apercevoir quelques encadrements qui vous font de l'oeil. Et puis là, vous vous arrêtez, vous êtes dans un autre monde et vous dégustez avec plaisir ces quelques photographies offertes au regard et qui vous conte l'histoire de la HallePajol qu'évidemment je ne connaissais pas du tout.
C'est de mémoire qu'il s'agit, de cette mémoire des lieux qui passent et qui ne survivent que dans le regard de quelques uns, dans le souvenirs des uns et dans les archives qui s'étirent à pertes de vues, un nouvel univers en chasse un autre, regard mélancolique sur un passé qui bientôt ne sera presque plus décelable, reconstruction etréappropriation de l'espace public et oubli sont là derrière ces lourdes portes...
"Les lourdes portes de ce site industriel parisien se sont à jamais fermées. Ce bâtiment en friche, morceau d’histoire de la grande ville garde dans son paysage intérieur les traces des hommes et des femmes qui venaient là. Son indigence est attachante et poétique. L’esprit vagabonde entre les piles d’acier, se faufile contre la pierre d’arcades en arcades pour sentir la vie d’hier, s’égare dans les sous-sols de la pénombre pour explorer ce géant abandonné et promis à un autre demain."
La Halle Pajol, c'est dans le 18ème arrondissement de Paris, on peut lire sur le site de la mairie qu'elle "accueillera quant à elle une auberge de jeunesse de 250 lits, un café (café-musique ?), un forum paysager, une salle d'exposition, des locaux associatifs, une bibliothèque ainsi que 1 600 m² de locaux d'activité".
Voilà donc, avant transformation, vous pourrez voir ce qu'elle était... c'est jusqu'au 16 février, vous avez encore un peu de temps....
Café MK2 Bibliothèque
128,162 avenue de France
Métro Bibliothèque
par Herwann PERRIN
publié dans :
Photographie







